La ville du Crotoy dispose désormais d’un centre conchylicole ultra moderne, pourvu de 14 ateliers dédiés au conditionnement et à la purification des moules de bouchot (environ 2000 tonnes/jour), ainsi que des coques pendant la saison de pêche.
Un tel équipement représente non seulement un grand pas vers une production labellisée, et à terme une appellation d’origine contrôlée, mais aussi une solide garantie face aux aléas de la nature et aux pollutions accidentelles.
Lors d’une pollution chimique ou biologique, les coquillages bivalves, huitres, coques, moules, peuvent devenir dangereux à consommer. Pourquoi ? Parce que ces animaux sont en fait de mini usines de filtration d’eau. Grâce à des cils vibratiles, ils font circuler l’eau de mer sur leur filtre branchial retenant ainsi le plancton et les particules en suspension dont ils se nourrissent. Lancée à plein régime, une moule va ainsi filtrer 3 à 5 litres d’eau par heure. Malheureusement, en cas de pollution, ce sont non seulement les particules nutritives qui sont concentrées par l’animal mais également les substances toxiques ou les organismes pathogènes. D’où le danger et les mesures d’interdiction qui sont prises régulièrement sur le littoral français.
Pourtant, immergés pendant 24 à 48 heures dans une eau purifiée ou pulvérisés avec cette même eau, les coquillages vont se rincer naturellement et redevenir parfaitement consommables.
C’est ce qu’il sera possible de faire, si besoin, dans cette nouvelle station conchylicole du Crotoy.
Souhaitons que cela n’arrive jamais bien sûr et saluons pour l’instant l’amélioration des conditions de travail qu’elle apporte aux mytiliculteurs. Espérons aussi qu’à l’avenir, elle évoluera vers un véritable centre de valorisation des produits de la mer alliant production, transformation, dégustation et commercialisation.